Témoignage de Samuel Burst, Professeur de Génie Civil au Lycée Laplace à Caen

Soumis par n.ledoux le mer 01/04/2020 - 22:40

Comme il y a eu des soucis avec l’ENT la 1ère semaine de confinement, j’ai constitué un groupe Whatsapp par classe.

Aux heures habituelles de leur EDT, j’envoie un message de salutations sur le groupe Whatsapp concerné.

Dès qu’un apprenti me répond, je le note présent. En cas d’absence d’un apprenti, je le contacte par SMS ou je l’appelle directement. Juste avant le cours, j’envoie par mail un fichier PDF qui concerne le travail de la séquence. Après m’être assuré que tout le monde l’a bien reçu, j’assure le suivi via Whatsapp.

Trois ou quatre fois par heure, je demande à chacun de m’envoyer une photo de son avancement du travail en conversation « privée ». J’ai fonctionné ainsi pendant presque deux semaines.

Depuis quelques jours, suivant les retours d’expérience de mon collègue Raphaël DEVIN, j’utilise la classe virtuelle du CNED. Ça fonctionne même avec des apprentis qui n’ont pas de PC, du moment qu’ils aient un smartphone. Le gros avantage de cette classe virtuelle est au niveau des explications que je fournis : c’est beaucoup plus rapide à l’oral et les interactions sont nettement plus fluides. Par exemple, ce mardi, j’ai retrouvé le demi-groupe des apprentis de 1ère année de BTS Travaux Publics pour une séquence de topographie.

Au niveau de ma progression pédagogique, ils auraient dû effectuer une manipulation sur le terrain. J’ai donc fait la veille un briefing sur les cours précédents et le matin, je leur ai envoyé par mail le sujet du TP qu’ils auraient dû réaliser. Après une demi-heure de lecture du sujet et préparation de la manipulation, je leur ai envoyé individuellement des valeurs de terrain différentes pour qu’ils les exploitent, comme si c’étaient les leurs. Ils ont donc passé le reste de la séquence à faire des calculs et à analyser les résultats obtenus. Dès qu’ils avaient une question, ils me contactaient par Whatsapp ou téléphone. Si un même type de question revenait plusieurs fois, je donnais RDV sur la classe virtuelle pour une explication commune en leur « projetant » mon écran sur lequel j’expliquais les étapes de calculs. A midi, chacun m’a envoyé par mail son compte-rendu de « TP ». Ça ne m’a pas permis d’évaluer la partie « terrain » mais au moins la partie « calculs et analyse des résultats ».

Sur mes créneaux de cours avec mes classes, j’alterne des séquences de cours via la classe virtuelle, l’envoi de fichiers au format PDF par mail et les échanges « privés » par Whatsapp. Même si le « rendement de mes cours » a faibli, ce télé enseignement nous permet de continuer les programmes, sans perte de temps. Les apprentis ont ainsi découvert comment scanner des documents, réduire la taille de photos, les insérer dans un traitement de texte, le mettre au format PDF et l’envoyer par mail. C’est maintenant eux qui me demandent si j’ai bien reçu leur travail ! Pour ceux qui n’ont qu’un smartphone, ils rédigent leur travail sur une copie et le prennent en photo. En utilisant l’appli « Génius scan », ils peuvent m’envoyer un seul fichier PDF contenant tout leur travail.

Mes autres collègues ont des fonctionnements plus ou moins proches du mien. En interrogeant les apprentis à ce sujet, ils m’ont répondu qu’ils avaient du travail dans toutes les matières et que le télé enseignement se passait bien pour eux.